Le Blog de Lalla Ghazwana

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mercredi 21 octobre 2009

Congrès interculturel de Montpellier : L’organisatrice d’origine algérienne est harcelée

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Prévue pour novembre prochain, la deuxième édition du congrès interculturel, organisé par Fanny Abadi, Franco-Algérienne, écrivaine, titulaire de diplômes d’Etat dans les domaines de l’éducation, de la psychologie sociale, de l’administration économique et de la philosophie pratique, est l’objet de supputations et d’accusations acharnées.

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vendredi 10 juillet 2009

Nomination : Pour la première fois, une femme issue de la diversité devient préfète.

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Fatiha Benatsou prend ses quartiers divers

« Préfète beurette» ? Une «caricature » que Fatiha Benatsou ne goûte guère. La première femme issue de la diversité nommée à un poste préfectoral dans le Val d'Oise entre en fonction aujourd'hui. Depuis dix ans, cette quinquagénaire élégante et courtoise a tenté de faire valoir ses compétences pour «incarner la République », en envoyant des CV et sollicitant les conseillers gouvernementaux.

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Verte et déjà mûre : Karima Delli, eurodéputée à 30 ans, a déjà un passé de militante

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"Je suis une miraculée. Jamais je n'ai pensé pouvoir être élue." Karima Delli, députée européenne depuis dimanche, est encore sur un nuage. Quatrième sur la liste Europe écologie en Ile-de-France, elle n'avait que d'infimes chances d'obtenir un siège à Strasbourg. C'était sans compter sur la percé fulgurante des Verts, en particulier en région parisienne : 20,87% des voix. "La belle surprise, c'est que je pique le siège du FN", savoure-t-elle.

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jeudi 15 janvier 2009

Tant qu'il y aura des femmes

par Ahmed Saïfi Benziane - Quotidien d'Oran 14/01/09

Ghaza en flammes piétinée par les loups de l'armée israélienne, chars, bombes et balles contre civils désarmés ou résistant de leurs seuls corps avec quelques roquettes en guise de répliques lancées sans grand effet que celui de dire au monde qu'on ne meurt pas pour rien. Qu'on sait mourir debout. Du sang, beaucoup de sang. Des morts, beaucoup de morts. Génocide.

Crime contre l'Humanité tout entière. Carnage d'où s'élèvent des voix de femmes appelant les Arabes à sortir de leur silence aussi condamnable que les crimes. «Où êtes-vous Arabes ?», crie une femme depuis Le Caire, crevant les tubes cathodiques, cri de colère, entre larmes et impuissance à sauver les enfants tachés de sang, évanouis dans les bras d'adultes pleurant l'injustice, ou enveloppés dans des linceuls, prêts à l'enterrement.

Femmes poussant leur exaspération à occuper les rues soudanaises, offrant leurs bijoux ou retirant leurs voiles pour se dire prêtes à aller au combat en réclamant les casquettes des hommes contre leurs voiles. Femmes couvrant de leurs corps leurs enfants apeurés par le bruit assourdissant des missiles lancés depuis le ciel sur un peuple affamé par des frontières mystiques de l'autre côté d'El Azhar, silencieux, muet, fermé pour cause incertaine.

De l'autre côté d'une Egypte qui se prend encore pour le coeur d'une nation sans âme, d'une maison sans toit ni fenêtres. Femmes en Libye, prenant la rue à témoin, encadrées par des policières voilées mais haranguant la foule, dépassant leurs prérogatives, pour qu'une voix, une seule suffise à réveiller les morts. A faire trembler les cimetières jusqu'à l'assourdissement de gouvernants qui ont choisi de ne pas choisir. De se terrer au fond de leurs palais entre se taire et attendre que passent les orages.

Femmes dans nos villes d'Algérie sorties manifester leurs désapprobations à deux ennemis, l'un lointain massacrant les Ghazaouis, l'autre proche, très proche, les empêchant d'exprimer leurs sentiments au regard du monde, les poussant vers l'arrière au lieu de les protéger pour mieux avancer, les dispersant au lieu de les unir, les interpellant au lieu de les consoler dans leurs pleurs.

Femmes marocaines, avocates ou bien médecins se disant prêtes à l'action, déroulant leurs banderoles aussi grandes que leurs coeurs, réclamant que justice soit faite sur terre avant le Ciel. Femmes au Liban pointant le poing droit vers l'image de Nasrallah, gardant l'autre poing dans l'attente d'une arme. Femmes en Iran tenant leurs voiles d'une main et la main de la voisine de l'autre pour rester unies jusqu'à ce que vie s'ensuive. Femmes ici et là, gardant l'honneur que certains hommes n'ont pas su garder. Gloire à elles, à celles qui ont semé la graine de la révolte et qui récoltent avant terme le fruit de leurs semences.

mardi 6 janvier 2009

Rachida Dati : Une Grande Dame de son temps

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Rachida Dati est née le 27 novembre 1965, à Saint Rémy, en Saône-et-Loire. Son père, Mbark Dati, Marocain, est arrivé en France en 1963. Sa mère, elle, était Algérienne, originaire de Ghazaouet (anciennement Nemours), une petite ville de l'ouest, tout près de la frontière marocaine.

Deuxième d'une famille de onze enfants, la petite Rachida passe son enfance à Chalon-sur-Saône, dans le quartier des Prés-Saint-Jean. Elle passe sa scolarité dans une école privée catholique, puis dans un lycée public. Elle obtient son bac en 1983.

Initialement, Rachida Dati envisageait une carrière médicale. Elle y renonce pour s'engager dans un parcours universitaire qui la conduit à un DEUG à l'Université de Dijon, puis à une maîtrise en sciences économiques, à Paris II. En 1987, tout en poursuivant des études, elle décroche un stage auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine, grâce à Albin Chalandon qu'elle a rencontré lors d'une réception à l'ambassade d'Algérie.

Une autre rencontre,celle avec Jean-Luc Lagardère, lui permet d'entrer à la direction de l'audit de Matra communication. Deux ans plus tard, grâce à un financement de Matra, elle suit les cours d'HEC à l'Institut supérieur des affaires (ISA), qu'elle quitte en 1993, sans obtenir de diplôme. Un problème privé l'aurait empêché de suivre le dernier séminaire.

Elle rejoint alors l'équipe de Jacques Attali, pendant un an, à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Elle rejoint ensuite la Lyonnaise de eaux, comme contrôleuse de gestion. Elle s'est à peine installer qu'elle part au ministère de l'éducation Nationale, en tant conseillère technique à la direction juridique. Parallèlement, en 1996, elle obtient une maîtrise en droit public, avec mention passable, en bénéficiant de la validation des acquis professionnels.

Elle intègre ensuite l'Ecole nationale de la magistrature (ENM), de 1997 à 1999, sur les conseils de Simone Veil. Mais elle ne passe pas le concours, elle y est admise sur titre. Elle en sortira au 116ème rang sur 154. Auditrice de justice, au tribunal de grande instance de Bobigny, puis à Péronne, elle est finalement nommée substitut du procureur d'Evry, en septembre 2003.

Deux jours plus tard, elle est mise à la disposition du cabinet du ministère de l'Intérieur, à l'époque dirigé par Nicolas Sarkozy. On connaît la suite. Rachida Dati sera nommée porte-parole du candidat de l'UMP, en duo avec Xavier Bertrand, pendant la campagne présidentielle. Un parcours sans faute qui lui d'être nommé à la chancellerie. Elle devient Garde des Sceaux du gouvernement Fillon, le 19 juin 2007. Elle est candidate aux municipales de 2008 dans le 7ème arrondissement de Paris.

Rachida Dati est par ailleurs membre de l'Institut Montaigne, du club Le Siècle, co-fondatrice du Club XXIe Siècle et fondatrice de l'association Bleu Blanc Rouge.

Côté vie privée, Rachida Dati a, en août 1992, contracté mariage avec un homme « avec lequel elle n'avait rien à partager ». En décembre de la même année, elle demande l'annulation de cette union qu'elle obtiendra en 1995.

Rachida Dati a confirmé le 4 septembre 2008, par voie de presse, qu'elle attendait son premier enfant. Elle a accouché le 2 janvier 2009 d'une petite fille, Zohra, en souvenir de sa défunte mère.

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  • Cursus

Ecole nationale de la magistrature

Maîtrise en droit public

Maîtrise en sciences économiques (gestion des entreprises)

  • Carrière

Conseillère en charge du projet de loi sur la prévention de la délinquance auprès du ministre de l’Intérieur, de 2005 à 2007

Directrice générale adjointe en charge des marchés publics, des affaires juridiques et des affaires foncières et immobilières au conseil général des Hauts-de-Seine, de 2004 à 2005

Conseillère au cabinet du ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, en 2004

Conseillère technique en charge du projet de la loi sur la prévention de la délinquance au cabinet du ministre de l’Intérieur, de 2002 à 2004

Substitut du procureur de la République à la section financière près le tribunal de grande instance d’Evry, de 2001 à 2002

Juge-commissaire aux procédures collectives au tribunal de grande instance de Péronne, de 1999 à 2001

Auditeur de justice au tribunal de grande instance de Bobigny, de 1998 à 1999

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mardi 9 décembre 2008

Exposition de peinture à l’hôtel El Aurassi : Zineb Boukhlafa Messari

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L’artiste expose ses 41 créations jusqu’au 15 décembre. Découverte il y a à peine trois ans et demi, Zineb Boukhalfa Messari est incontestablement une artiste au talent avéré.

Autodidacte par excellence, pour ceux qui ont suivi son parcours artistique, l’on constate qu’elle a fait des progrès considérables. Il suffit de faire un petit tour d’horizon pour s’apercevoir, en effet, qu’elle s’est perfectionnée, grâce à sa persévérance, au niveau de la technique et du style. A travers des tracés précis, l’artiste invite les esthètes et les profanes à découvrir son monde. Un monde qui se décline en paysages, en portraits de femmes en site architecturaux, en des moments d’allégresse et des séquences de la vie quotidienne.

Soit par la spatule, soit par le couteau, Zineb a immortalisé quelques pans de son subconscient, le tout agrémenté par une symphonie musicale. Vouant une passion incommensurable pour les peintres orientalistes, l’artiste s’est plu à reproduire l’œuvre majeure du peintre français Eugène Delacroix, à savoir Femmes d’Alger dans leur appartement. Une reproduction qui a nécessité deux mois de travail. « J’ai en fait réaliser quatre tableaux dans un. Ce tableau renferme trop de détails et l’erreur n’est pas tolérée », dit-elle.

L’exposition tout en couleurs de Zineb Messani, renferme, certes, une partie infime de reproduction mais la majorité des autres œuvres sont des créations personnelles. Surtout quand il s’agit de portraits de femmes traditionnelles. Là, Zineb puise dans ses souvenirs et les traditions ancestrales pour donner la pleine mesure à ces Algériennes, issues des quatre coins de l’Algérie.

Certains visages sont dépourvus involontairement d’yeux. «Ils sont dans le sombre, c’est pour cela qu’on ne peut pas leur donner un visage. Ils n’ont pas d’yeux mais semblent goûter à la vie », explique-t-elle. Ayant opté dès le début de sa carrière pour le style figuratif, Zineb révèle que cette technique est un passage obligé pour tout artiste voulant évoluer. Quant à l’utilisation de la technique du couteau, elle dira : « Quand je crée au couteau, je ne sais pas où je vais. »

L’originalité dans cette exposition réside dans le fait que l’artiste a misé sur des encadrements colorés de grands formats. « Il ne suffit pas, explique-t-elle, de peindre une œuvre, il faut la suite et pour cela, il faut trouver au juste ce qui convient au tableau fini. »Il est à noter que Zineb Boukhalfa Messani est détentrice depuis quelques années déjà, à Bouzaréah, d’un atelier de peinture où tous les profils s’y rencontrent. En guise de conclusion, cette charmante dame nous avouera que la peinture est sa raison de vivre. « Sans cette passion, je me demande comment je passerais mes journées », avoue-t-elle.

Par Nacima Chabani - El Watan 07/12/08

L’ARTISTE PEINTRE ZINEB BOUKHALFA MESSANI EXPOSE SES ŒUVRES À L’AURASSI

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Une palette inspirée par le romantisme et le patrimoine

Zineb Boukhalfa Messani est la sœur du légendaire Khelifa Boukhalfa, tombé au champ d’honneur à l’âge de vingt-sept ans. Devenue artiste peintre par vocation, Zineb Boukhalfa apporte par l’art sa contribution au service de l’Algérie ce que son frère a donné par le sang.

Le talent d’artiste peintre de Zineb Boukhalfa Messani est admirable. Il l’est parce que sa peinture respire une simplicité et un naturel hors du commun. Ses tableaux traduisent ce que la peinture possède de classique, avec les éléments premiers qui l’ont transmis à travers les âges. Elle reflète, par l’intermédiaire de l’art, les valeurs qui définissent la nature et celles qui retracent l’identité de la personnalité humaine.

C’est ainsi que la beauté et la splendeur de la nature se miroite entre autres dans l’expression des fleurs. Zineb Boukhalfa saisit cette expression pour en faire un thème d’inspiration dans sa création artistique. Elle peint avec amour ces fleurs, en gros plan pour leur donner leur magnificence et rehausser leur éclat. Elle présente toute une série, bien disposée les unes à côté des autres comme dans un jardin.

La rose, la reine des fleurs est peinte avec délicatesse. Elle va plus loin en faisant redécouvrir le charme et la grâce de fleurs des campagnes et de celles qui embellissent les haies des habitations et des clôtures comme le liseron. Le regard reste captivé par cette galerie de portraits de fleurs où la couleur est souveraine. Pour compléter ce tableau, il ne manque que les parfums de ces différentes fleurs. Le talent de l’artiste, c’est de les avoir rendues non périssables et de les avoir recomposées par la clarté et la luminosité dans la recherche de la couleur. Elle ajoute l’expression du romantisme pour susciter le rêve et l’évasion.

Cette recherche subtile de la couleur et cette expression de l’état d’âme romantique apparaît également, dans les autres thèmes. Ces éléments sont ainsi présents dans les portraits de femmes algériennes illustrées par leurs parures et leur costume traditionnel régional. C’est le cas du portrait de la jeune fille des montagnes des Aurès.

L’artiste sait fusionner avec harmonie des couleurs vives entre elles, le bleu, le vert, le rouge sans que ces couleurs ne soient mal travaillées ou mal venues. Elle sait avec talent reproduire les traits féminins du visage, avec leur douceur et leur finesse. Elle sait également traduire dans les yeux de ces jeunes femmes ce regard doux, sensible et véritablement féminin. Elle ne peint pas seulement les femmes dans leur habit traditionnel pour refléter la richesse de notre patrimoine culturel mais aussi met en valeur la femme algérienne moderne qui vit avec son temps.

Zineb Boukhalfa varie à l’infini ses thèmes d’inspiration. "Je veux plaire à toutes les sensibilités de mon public", se justifie-t-elle. Les thèmes d’inspiration ne manquent pas dans la richesse et la variété de notre patrimoine. La Casbah lui offre ainsi des sujets de création artistique. Elle fait renaître ses ruelles et son atmosphère de ville ancestrale par son style originale de peinture qui se distingue par la clarté et la luminosité, caractères appliqués déjà, comme cela a été vu, aux fleurs et aux portraits de l’identité féminine algérienne.

Zineb Boukhalfa élargit son inspiration aux paysages de l’Extrême Sud. Elle peint ainsi avec originalité des scènes de la vie touareg. Elle recrée la vie quotidienne sous les kheimas avec les activités typiques des hommes et des femmes. Elle donne à leur environnement cette sérénité et cette joie paisible où se côtoient et vivent en harmonie et complémentarité la nature, le monde animal domestique et le milieu humain. Zineb Boukhalfa fait aussi renaître les scènes traditionnelles de Kabylie. Le travail des champs est décrit au milieu de ces plaines verdoyantes et montagnes fleuries du Djurdjura dans ses aspects ancestraux.

Cette artiste peintre manifeste la volonté d’exercer son talent dans la reproduction d’œuvres de grands orientalistes. Elle s’applique ainsi à redonner l’éclat aux œuvres de Fromentin et de bien d’autres artistes peintres de renom. Elle utilise à cet effet le grand format. Elle réussit bien ces reproductions puisque chacun de ses tableaux réalisés dans ce style est recherché par les amateurs d’art. Ces toiles affectionnant la reproduction d’œuvres célèbres sont ainsi vite écoulées. Zineb Boukhalfa expose à l’Aurassi, les Femmes d’Alger de Fromentin. Son exposition reste présente jusqu’au 15 décembre.

Zineb Boukhalfa ne se contente pas de réaliser sa propre passion de la peinture. Elle a créé son école pour partager avec d’autres ce plaisir. C’est ainsi qu’elle a ouvert un centre à Alger, à l’intention des femmes de tous les âges. Cette école a été attendue. De nombreuses personnes viennent dans ses ateliers meubler utilement leur temps libre.

Kamel Chériti. Horizons-dz.com 6 09/12/08

mercredi 19 novembre 2008

Mompreneurs : les anti-Desperate Housewives !

€QUOTIDIEN - dimanche 16 novembre 2008

Vous les voyez charger leur caddie dans les magasins ou emmener les enfants au parc le mercredi, et vous vous dites qu'elles sont mères au foyer. Vous vous trompez : elles sont chefs d'entreprise. Nadia Djekboubi est une des premières femmes à revendiquer le terme de « mompreneurs ». Cet anglicisme est la contraction de « mom » (pour maman) et « entrepreneur ».

Mère de famille à Rouen, elle travaille très sérieusement sur son projet d'entreprise, un site de e-commerce, qui doit être mis en ligne dans les jours à venir. Elle a changé de voie professionnelle pour avoir plus de temps à consacrer à ses deux enfants. « Attention, créer une entreprise ne signifie pas travailler moins, c'est même le contraire, mais travailler différemment. Aller chercher son fils à l'école est possible mais le temps sera rattrapé surtout le soir, la nuit et le week-end. Moi, je préfère cela. »

Les mères qui profitent de leur congé maternité pour lancer leur propre société sont de plus en plus nombreuses. Christèle Siméoni, par exemple, est normalement responsable administrative. En congé maternité, enceinte de son deuxième bébé, elle décide de créer Zolimôme, un gros site « pour enfants, mais pas que », précise-t-elle. Espace boutique, magazine, blog, actualité du bio, des créateurs et de l'équitable, le tout avec un design original : ce site, très pro, n'a rien à envier à ceux créés par des multinationales.

Ce qui pèse le plus à ces patronnes en robes de chambre ? « Le manque de considération ! Quand j'ai entendu mon mari dire à un collègue au téléphone que je ne travaillais pas et restais à la maison, j'ai explosé et lui ai lancé mon livre de comptes à la figure ! », explose Karine Goldenberg, qui, chez elle à Londres de 7 heures à 21 heures, travaille tout en s'occupant de sa fille à un projet d'entreprise de services pour expatriés.

Mais l'isolement est aussi difficile à vivre. Si les mères au foyer sont organisées en réseaux très actifs, auxquels elles ont du temps à consacrer, les mères qui travaillent et a fortiori qui créent leur propre société se retrouvent souvent seules avec une tonnes problèmes très différents à gérer en même temps. Elles sont prises en étau entre enfants et clients, et le conjoint n'est pas toujours compréhensif. Céline Fenie, la trentaine, à la tête de Maman Shopping, organise depuis un mois un café mensuel à Paris avec quelques-unes de ses « collègues » : l'occasion pour elles de se soutenir. Sur la toile, de plus en plus de sites et de blogs consacrés à ces mamans-patronnes voient le jour (comme celui du réseau de mères actives Maman Travaille).

Ces blogs sont pour elles l'occasion de rire de leurs dernières tribulations : Nadia Djekboubi se souvient par exemple d'un appel téléphonique avec un gros client interrompu par son fils qui arrache le fil au moment de la négociation, et certaines avouent en rougissant et sous couvert d'anonymat avoir mis leur bébé dans son lit et fermé la porte pour que leur interlocuteur n'entende pas ses hurlements...

Mais passés les premiers temps, certaines « mompreneurs » deviennent des femmes d'affaires redoutables à la tête de petits empires, comme Elodie Jacquemond, dont la société de relation publiques E-Nuage, a ses bureaux sur l'Ile-Saint-Louis. Ou Catherine Barba, l'idole des mompreneurs, fondatrice entre autres de Cashstore, la société qui lance le CyberMonday en France. Vous l'avez compris, les desperate-housewives sont has been : place aux mompreneurs !

Marlène Schiappa

Pour aller plus loin :

Le site Zolimôme de Christèle Siméoni : http://www.zolimome.com

Instemporel: http://instemporel.typepad.fr

Le site de Céline Fénie : http://www.mamanshopping.com/

Cashstore, l'entreprise de Catherine Barba : http://www.cashstore.fr

L'autoentrepreneur, le nouveau dispositif annoncé par le gouvernement www.lautoentrepreneur.fr

mardi 11 mars 2008

Baguette magique

Portrait de Zahia Ziouani, 29 ans, chef d'orchestre - (le journal du conseil général d'Ile-de-France - Oct. Nov. 2007)

Née en Seine-Saint-Denis de parents algériens, Zahia Ziouani, directrice de l'école de musique de Stains (93), a dû lutter pour imposer son talent.

VOCATION : Les yeux sont rieurs et le visage de Zahia Ziouani, encadre de boucles noires, dégage douceur et énergie communicative. La jeune femme, de retour d'Algérie, où elle a dirige l'Orchestre symphonique national, évoque avec passion son métier. Dès huit ans, encouragée par des parents mélomanes, elle étudie la guitare puis l’alto au conservatoire de Pantin, sa ville natale.

A 16 ans, elle dirige l'orchestre de son lycée. Sa vocation est née, encouragée par le célèbre maestro roumain Sergiu Celibidache: « Une rencontre déterminante sur le plan musical et humain. J'ai appris le gout du travail, de la persévérance et de la perfection.» Diplômée de musicologie à la Sorbonne, professeur au conservatoire de Stains, puis directrice de l'école de musique, elle crée, en 1997, l'Orchestre symphonique Divertimento, qui compte aujourd'hui une soixantaine de musiciens. Un parcours brillant qui la conduit souvent à travers le monde, mais parfois semé d'embûches. « Etre jeune, femme, d'origine algérienne et née en Seine-Saint-Denis revenait à cumuler nombre de handicaps », avoue-t-elle avec humour. Compétence et autorité naturelle finissent par l'emporter.

Femme orchestre

« Un chef d'orchestre gère des relations humaines. Il doit imposer la légitimité de son travail.» Signataire de l'appel du 93, la jeune musicienne milite pour valoriser l'image de son département. « Venez à nos concerts. Vous verrez que les jeunes d'ici ont du talent. Réunir, dans un orchestre symphonique, des personnes de toutes origines et bousculer les mentalités en faisant jouer du trombone à une jeune Malienne, c'est ma fierté !»

• Fabienne DAGDUAT

mercredi 5 mars 2008

Algérie-France : Les femmes chefs d'entreprises s'impliquent

par M. Aziza

Des femmes chefs d'entreprises algériennes se sont réunies hier, avec les représentants des PME de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), à la Chambre algérienne du commerce pour débattre des opportunités d'affaires et d'investissements, dans le but de créer des partenariats entre des femmes managers algériennes et françaises.

La présidente de l'association des Algériennes managers et entrepreneurs (AME), Khadidja Belhadi, l'initiatrice de cette rencontre, a insisté sur le fait que le partenariat ne doit pas profiter à une seule partie. En s'adressant aux délégués de la PACA, Khadidja Belhadi a précisé que son association est certaine que face à la redoutable concurrence asiatique, les PME françaises peuvent trouver dans notre pays de formidables réserves de compétitivité. Elle ajoute, «mais dans le même temps, les entreprises algériennes dirigées par des femmes ambitionnent aussi de conquérir les marchés internationaux y compris le marché français».

Le représentant des PME de la région PACA, Jean-Claude Legall a, de son côté, présenté devant une vingtaine de femmes managers et entrepreneurs les opportunités d'investissements qui peuvent être développées dans les deux régions (Alger et Marseille). Il a cité des possibilités d'affaires et d'investissements dans le secteur des transports, des TIC, du biomédical et de l'agro-alimentaire. Jean-Claude Legall a précisé dans son intervention que la région PACA compte 1.650 entreprises à capitaux étrangers. Il est possible aux femmes chefs d'entreprises algériennes d'investir sur la base d'un partenariat avec des femmes chefs d'entreprises françaises et vice-versa. Jean-Claude Legall a reconnu que les femmes ont une grande capacité d'innovation et d'adaptation leur permettant d'investir aussi bien au niveau local et international. Mais, dit-il, pour réussir, il faudrait travailler sur une logique de dynamique des réseaux. Le délégué de la région PACA a beaucoup insisté sur le développement des échanges économiques et commerciaux pour renforcer les liens entres les deux rives de la Méditerranée. Legall a souligné que sa présence aujourd'hui à Alger est une manière de rapprocher les femmes chefs d'entreprises algériennes avec les femmes managers françaises. «Je souhaite quitter l'Algérie avec une plate-forme de collaboration», a-t-il recommandé, et ce, pour préparer une autre rencontre, qui regroupera des femmes managers et entrepreneurs algériennes et françaises.

dimanche 25 novembre 2007

Quand les femmes retrouvent leur place

Soumia Belaïdi, responsable de la diversité au MEDEF Entretien Réalisé Par Hichem Ben Yaïche - Le Quotidien d'Oran - 23/11/2007

-La France doit capitaliser sur notre double culture pour refonder les bases d’un nouveau dialogue économique et politique avec l’Algérie. -L’entreprise est perméable et plus facile d’accès à la diversité. -Si la France veut se redonner un peu de muscles, elle doit considérer les pays du Maghreb comme des alliés. -Je cumulais plusieurs handicaps; mais j’ai décidé d’en faire abstraction. L’essentiel était de devenir une référence dans mon milieu professionnel.

Soumia Belaïdi est chargée de la diversité au sein du MEDEF et responsable de la Direction des Ressources humaines (DRH) dans le groupe Keyrus, lequel a racheté son entreprise. De son success-story la presse en a parlé : «Quand les Beurs prennent le pouvoir» (Nouvel Economiste, 26/1/2006), « L’intégration par l’excellence» (L’Express, 21/2/2005), «Vendeuse de matière grise» (Jeune Afrique, 12/3/2005), Success stories offer advise for France, efforts to clear paths for minorities » (Herald Tribune, 11/11/05). Au-delà de ces portraits, c’est tout son savoir-faire sur l’univers de l’entreprise qui doit être considéré. Car cette maîtrise, mise au service des Français d’origine maghrébine, permet d’agir les blocages et de s’approprier les codes d’accès. Pour l’Algérie, pays de ses racines, elle garde et cultive son tropisme. Elle fera partie de la délégation des chefs d’entreprise qui vont accompagner le président Nicolas Sarkozy, les 3 et 4 décembre prochains.

Entretien.




Le Quotidien d'Oran: Vous êtes issue de l’immigration, femme et chef d’entreprise. Quel a été votre parcours ?

Soumia Belaïdi: J’ai fait une maîtrise de droit, à Paris, mais ne pouvant poursuivre mes études, j’ai dû intégrer très tôt le monde du travail. D’abord, en tant que standardiste bilingue - par intérim - dans une société américaine d’informatique. Au bout de quelques semaines, on m’a proposé un contrat de travail. Quatre ans plus tard je suis devenue directrice grand compte de cette société. Quand la filiale française du groupe a décidé de quitter la France, j’ai fait le choix de créer ma société et de me lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

Q.O.: Que s’est-il passé dans votre tête pour que cela prenne cette dimension de survie, avant de sauter le pas en créant votre propre entreprise ?

S. B.: J’ai toujours eu le sentiment d’être invincible, parce que les conditions dans lesquelles j’ai été élevée m’ont préparé à un univers d’affrontement : difficultés relationnelles avec mon père, retour forcé en Algérie, choc des cultures Orient-Occident, etc. Mon intégration en France était devenue une question de survie et une réponse à ce déracinement. Et, de ce point de vue, mon inconscient a été programmé, il est vrai, pour refuser l’échec. Pour moi, entreprendre, c’est être responsable et conscient de l’être. C’est prendre des risques en considérant qu’ils nous font vivre tout simplement. Pour entreprendre, il faut aimer l’autre et vouloir l’accompagner afin de gagner collectivement. Je n’avais pas dans mes projets de devenir chef d’entreprise, mais j’avais la ferme détermination de subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille. Je devais être capable de surmonter des situations économiques difficiles, et aussi des humiliations. Je ne voulais être ni dépendante, ni sous la tutelle de personne. Je voyais ma mère, qui avait eu six enfants, au foyer toute la journée ; elle vivait dans une totale soumission. Je voulais réussir pour elle et lui montrer qu’une femme comme elle, musulmane dans un pays européen, pouvait apprendre et réussir en ne reniant ni ses traditions ni ses coutumes. C’est ainsi qu’au moment où la situation dans la société dans laquelle je travaillais a changé, j’ai créé mon entreprise naturellement, sans me poser une seule question.

Q. O.: Comment cela s’est-il passé pour vous, au tout début ?

S. B.: Je ne savais rien de la création d’entreprise mais je me suis lancée et c’était vital pour moi de réussir, j’avais tellement de choses à prouver et à légitimer. Au début, je suis allée voir cinq clients que je connaissais bien et je leur ai proposé un marché «gagnant-gagnant» en leur disant : «Je vous propose les mêmes prestations qu’avant, mais 20 % moins cher. Etes-vous prêts à me suivre ? Trois m’ont suivi, et cela m’a suffi pour démarrer et lancer ma société Specimen.

Q. O.: Qu’avez-vous appris à travers la gestion de votre entreprise ? Comment avez-vous pu mettre en place des réseaux ?

S. B.: J’ai beaucoup observé. J’étais toujours dans des démarches d’ouverture, d’écoute attentive. J’ai rencontré beaucoup de gens. J’ai appris mon métier sur le terrain, notamment lors de mes rendez-vous à l’extérieur. Pour moi, vendre, c’est mettre la relation humaine au coeur des relations d’affaires. J’étais aussi très vigilante, voire même méfiante. Les confrères concurrents m’avaient surnommé la «tueuse». Ils disaient: «Ah, oui je la connais, méfies-toi elle négocie tout ; elle ne lâche rien ! ».

Q. O.: Vos origines ont-elles été un obstacle ? Comment les avez-vous assumées, valorisées ?

S. B.: Etre une femme chef d’entreprise dans un milieu d’hommes était déjà atypique dans le contexte de l’époque.Mes origines ethniques, c’était, si je puis dire, « la cerise sur le gâteau». Je cumulais plusieurs handicaps ; mais j’ai décidé d’en faire abstraction, de repartir à zéro dans ma tête, de réinventer mon histoire. L’essentiel était de devenir une référence dans mon milieu professionnel, de travailler du mieux possible, et surtout de se décomplexer, pour changer le regard, pour donner envie et ne jamais faire pitié. A partir du moment où les gens vous envient, vous les faites rêver. Mon client se disait : « Elle a de l’énergie, elle est à l’aise dans toute sa diversité, elle paraît confiante et équilibrée donc rassurante, elle est compétente donc je signe avec elle!».

Q. O.: Vous avez dirigé Specimen, une société spécialisée dans les nouvelles technologies pendant quinze ans. Pourquoi avoir fait le choix de la vendre ?

S. B.: Pendant quinze ans, j’ai pu me développer sur le marché français en ayant une gestion en « bonne mère de famille ». J’ai créé de la richesse et chaque année je dégageais du résultat net après impôts. C’était nécessaire à la bonne image et à la bonne santé d’une entreprise française. Je n’ai jamais considéré que mon entreprise puisse représenter un patrimoine personnel. Quand j’ai eu l’opportunité de vendre mon entreprise à un partenaire à dimension internationale sur ce marché, je n’ai pas hésité car notre marché économique se transforme et l’heure est aux fusions et acquisitions. C’est vrai que j’avais d’autres ambitions. Je me sentais un peu à l’étroit dans Specimen avec plus de contraintes administratives et réglementaires que de business développement. J’avais envie de comprendre et connaître un grand groupe et repartir sur un nouveau défi - Keyrus est un groupe de 1.300 personnes et j’ai fait une sorte de « hold-up » sur le poste de DRH qui s’ouvrait à mon arrivée. Le président m’a fait confiance pour mettre en place la politique de recrutement et doubler nos effectifs en 3 ans.

Q. O.: Qu’est-ce que vous avez appris en tant que chef d’entreprise sur la France, sur l’économie française, sur l’univers de l’entreprise ?

S. B.: Le mot est peut-être fort, mais on discrimine les petites entreprises ; elles subissent un véritable plafond de verre de la part des grands donneurs d’ordre. Et elles restent souvent cantonnées à la sous-traitance des plus gros sous-traitants. On ne leur fait malheureusement pas confiance. Je pense aussi que la plus grosse difficulté pour un chef d’entreprise en France, c’est la pesanteur administrative et réglementaire et le manque total de flexibilité.

Q. O.: Qu’est-ce qui explique que la France ait du mal, même si cela est en train de changer, à accepter sa diversité sociologique, et pour parler sans circonlocutions, sa diversité issue du Maghreb particulièrement ?

S. B.: Je pense que cette diversité issue du Maghreb est le fruit d’une histoire qui n’est pas terminée. Il y avait une « fin » à écrire. Chacun s’en est inventée une à sa façon. Les jeunes issus de l’immigration magrébine, qui sont français depuis trois générations ont inventé leur histoire dans un pays qui a du mal à les reconnaître. Moi, j’ai préféré aller chercher cette reconnaissance par le travail, et l’excellence. Mais pour les deuxièmes et troisièmes générations, c’est difficile d’appliquer la même approche. Ils sont nés ici, de parents déjà français, dans une conjoncture où le travail est devenu rare, et où la discrimination géographique et sociale a fabriqué des ghettos et induit l’autocensure.

Q. O.: Au-delà des facteurs historiques, qu’est-ce qui explique selon vous la difficulté de la France à évoluer sur ces questions ?

S. B.: Je pense que l’on est dans un pays figé et gouverné par des élites qui se reproduisent et qui reproduisent des schémas qui n’innovent pas ; des élites prisonnières de préjugés et de stéréotypes hérités du passé. C’est vrai que les populations issues des minorités, notamment du Maghreb, ont été cantonnées dans un périmètre social et géographique. Mes parents sont venus d’Algérie au moment où la France devait se reconstruire, et aujourd’hui on voit arriver une jeunesse qui est capable d’étudier, de prendre des postes de cadres dirigeants, de prendre le pouvoir, d’avoir une représentativité... Aujourd’hui, c’est quelque chose qui n’est pas reconnu, ni admis par ces élites qui sont à la tête de toutes les institutions. Je pense que l’entreprise est perméable et plus facile d’accès à la diversité. Elle s’ouvrira plus vite à ce changement et à la diversité que nos instances publiques et politiques.

Parce que l’entreprise est pragmatique, elle ne se privera pas d’un 1/3 de candidats compétents, ne regardant pas la couleur de la peau ou l’origine.

Q. O.: Vous êtes chef de file « diversité» au MEDEF. Vous n’êtes pas sans savoir qu’au sein de l’entreprise aujourd’hui, cette volonté d’ouverture à la diversité n’est pas entièrement assurée...

S. B.: Quand je reçois des candidats issus de la diversité, je leur dis souvent : «Aides-toi, l’entreprise t’aidera ». Je les encourage à l’automobilisation, car l’entreprise-providence n’existe pas !

Je lance un appel à tous ces dirigeants d’entreprise, qui ont réussi, comme moi, et qui doivent redistribuer, remobiliser, et être des acteurs de la diversité au sein de leur environnement professionnel. Je pense que le discours n’a pas été bien compris auprès des PME. D’abord, on a parlé de lutte contre les discriminations, de diversité, comme un engagement sociétal, un engagement citoyen, un engagement éthique. Il s’agit avant tout d’une démarche économique. Les grandes entreprises du CAC 40 qui ont signé des engagements se sont mobilisées, mais en faisant des actions aussi de communication car pour la plupart elles ne recrutent plus. Ce sont les PME qui créent la croissance et les emplois en France. Il faut aller à leur rencontre. Je suis arrivée au MEDEF pour agir sur le terrain des entrepreneurs.

Q. O.: Au fond, vous sentez- vous utile ?

S.B.: Je me sens utile bien sûr, mais il faut beaucoup de temps pour faire changer les mentalités et pour mobiliser les entreprises en faveur de la diversité. Il faut considérer ce vivier de jeunes issus des minorités comme à disposition, à portée de main des sièges sociaux. Ils ont la niaque - pour parler familier -, ils ont vraiment envie de travailler, et il y a plein de moyens pour les dynamiser.

Q. O.: Vous êtes franco-algérienne. C’est dire que tout ce qui concerne les relations France-Algérie, France-Maghreb, France-Méditerranée ne vous laissent pas indifférente. Qu’avez-vous envie de faire pour l’Algérie, pays en transition économique ?

S. B.: J’ai acquis un savoir-faire et des compétences dans mon pays natal, la France. Aujourd’hui, je souhaiterais contribuer à l’essor de mon pays d’origine, et accompagner les jeunes Algériens qui sortent des écoles. Je veux créer des structures de conseil autour des NTIC, en utilisant les compétences locales et tous les talents de ce pays. Proposer aux grandes entreprises algériennes ou étrangères des prestations d’assistance technique locales, plutôt que d’aller les chercher à l’extérieur du pays. Même s’il faut dispenser des compléments de formation aux jeunes afin d’augmenter leur aptitude à l’emploi ou leur employabilité. Je suis prête à m’engager en Algérie pour travailler de concert avec l’enseignement supérieur. L’économie en Algérie est en plein essor dans tous les secteurs, comme les banques, les services et, bien sûr, les grandes industries pétrolières. La France doit capitaliser sur notre double culture pour refonder les bases d’un nouveau dialogue économique et politique avec l’Algérie.

Q. O.: Avez-vous une idée précise sur l’état de l’économie algérienne en phase de transition ? Avez-vous identifié ses besoins ? Quelle est votre proximité par rapport à ce pays ?

S. B.: J’ai une intimité presque naturelle avec mon pays d’origine. Quand je suis en Algérie, je me sens bien, réconciliée avec moi-même. L’Algérie devrait compter sur des gens qui, comme moi et d’autres, ont envie de donner de leur temps pour le pays. Nous sommes fiers d’être d’Algérie ; l’un des pays les plus riches d’Afrique. Il faut aussi reconsidérer les relations franco-algériennes dans un cadre de business partenariat et de business développement. Il faut mutualiser les savoir-faire de la France et de l’Algérie, nous rapprocher pour travailler ensemble sur des projets communs avec des entreprises à dimension commune, créer des groupes franco-algériens.

Q. O.: Est-ce que les esprits sont réellement préparés pour cela ? Dans ce partenariat, est-ce que du côté français comme du côté algérien, on est prêts à aller dans ce sens ?

S.B.: Oui, dès lors que l’on se situe sur le plan économique. Oui encore, s’il l’on en croit le discours des chefs d’entreprise. Sur le terrain, les gens sont prêts à se mobiliser. Il faut que les politiques se mettent d’accord et affichent fort leur détermination.

Q. O.: Selon vous, quelles sont les priorités à mettre en avant dans le projet de l’Union méditerranéenne. Ce partenariat dont vous avez déjà parlé, et qui vise à rapprocher, entre autres, le Maghreb et l’Europe, le Maghreb et la France ?

S. B.: Il faut créer la confiance en France et redonner de «l’estime de soi» aux deuxième et troisième générations de Maghrébins. Si on continue à les ignorer, ce projet de construction de l’Union méditerranéenne sera un leurre.

Q. O.: Vous croyez, vous, à cette Union méditerranéenne ?

S. B.: Je pense que c’est une chance pour l’Europe et pour l’Afrique. La France n’a que des avantages et des intérêts en se rapprochant des pays de la Méditerranée. Cela ne peut que la renforcer économiquement et diplomatiquement. Si la France veut se redonner un peu de muscles, elle doit considérer les pays du Maghreb comme des alliés. Francophonie, proximité géographique, une diaspora prête à se mobiliser, autant d’atouts pour suivre une histoire commune. Si on capitalise tout cela, on gagnera beaucoup de temps dans la course à la mondialisation. Si l’on essaie de satisfaire les intérêts privés d’un petit nombre, on continuera à être un ventre mou et rien n’avancera !





                      Présidente de l'AFMD

Elle vient de prendre la présidence de l’Association française des managers de la diversité (AFMD). Celle-ci sera chargée de diffuser les méthodes de management de la diversité dans les entreprises. Elle jouera le rôle d’interlocuteur professionnel face aux instances publiques et institutionnelles. Il s’agit, ce faisant, d’outiller les entreprises face au management de leur diversité : ouvrir les recrutements à la diversité, accompagner les managers dans leur gestion quotidienne de leurs équipes diverses, etc. «Un manager de la diversité est un manager responsable. Au sein de cette structure, nous serons à l’écoute des entreprises et de leurs attentes sur le sujet», précisera-t-telle.